Lourdes Flores.
Lourdes Celmira Rosario Flores Nano est avocate mais aussi politicienne. Elle est à la fois la meneuse de l’Alianza Unidad Nacional (Alliance pour l’unité nationale) et la présidente « del Partido Popular Christiano » (du Partie Populaire Chrétien).
Sa carrière politique.
En 1990, elle est élue députée haut la main par son parti (le Parti Populaire Chrétien). Faisant partie du Congrès de la République péruvienne elle défend les droits de la femme et condamne l'amnistie aux militaires.
Coup d’Etat de Fujimori.
Le 05 avril 1992, Alberto Fujimori renverse son propre gouvernement. Lourdes Flores convoque alors les députés pour examiner la situation politique dans le but de trouver une solution afin de renverser Fujimori et restaurer la démocratie. Par peur du nouveau pouvoir en place, les sessions de la Chambre des Députés se feront dans sa propre maison.
Cette année même, elle a été choisie comme membre du Congrès Constitutif Démocratique et fit partie de la Commission de Constitution qui élabora la nouvelle Constitution péruvienne de 1993 (la Constitution actuelle). Elle est réélue congressiste entre 1995-2000.
La dénonciation de Fujimori.
En janvier 1997, Fujimori écarte trois magistrats du Tribunal Constitutionnel du Pérou qui essaye d’empêcher sa candidature pour les élections de 2000. Mais malgré de nombreuses autres tentatives de l’opposition visant à écarter Fujimori de la course présidentielle, il se représentera et sera déclaré vainqueur face à Alejandro Toledo le 28 mai. Lourdes Flores fit partie de cette opposition en dénonçant publiquement Fujimori et la destitution de ces trois magistrats.
A cela, en juillet 2000, elle dénonce avec la journaliste Cecilia Valenzuela la double nationalité de Fujimori. Mais, avec la déconcertante majorité des fujimoristes au Congrès, elles n’ont pu obtenir une véritable recherche parlementaire. L’affaire tombe à l’eau pour ne ressurgir que fin 2005.
Un Kilomètre carré .a use .a use.
En 1998, elle fait partie d’une sécession de Congrès de la République qui décida de donner comme propriété privé un terrain dans la forêt péruvienne d’un kilomètre carré à l’Equateur. Elle avait déclaré à l’époque « J'assume pleinement le risque de cette décision. Je voterais en faveur de cette mesure ».
Cette décision a été donnée dans le sens d’un processus de paix afin de mettre un terme à plus d’un demi-siècle de conflit frontalier (particulièrement meurtrier) entre les deux pays. Ce kilomètre carré donné par les péruviens aux équatoriens dans la région de Tiwinsa possède un statut juridique spécial. Et j’insiste, ce territoire donné à l’Equateur devra toujours être administré par le Pérou, c’est à dire que l’armée et la police équatorienne ne pourront pas y pénétrer ; seul la police et l’armée péruvienne resteront garantes de la sécurité et de l’ordre public. Donc, en donnant à l’Equateur cette aire de 1 km2 dans la région de Tiwinsa, l’endroit même ou les combats ont été les plus meurtrier, en donnant un territoire qui restera régit par l’administration et l’autorité péruvienne, le Pérou veut montrer à travers cet acte uniquement symbolique son désire de réconciliation et de paix.
Cependant, le fait que Lourdes Flores soutienne publiquement cette décision n’a pas été au goût de tout le monde. On l’appelle d’ailleurs dans cette région du Pérou « Miss Tiwinza ». Encore aujourd’hui, elle n’est pas du tout aimée dans cette partie du Pérou à cause de cette histoire. D’ailleurs, ses adversaires n’hésiteront pas à utiliser cet incident pour attaquer Lourdes Flores personnellement dans sa campagne.
Les élections présidentielles de 2001.
En 2000, elle fonda la coalition « Unidad Nacional » (Unité Nationale), qui incluait les partis (et inclue toujours) :
- Populaire Chrétien (Lourdes Flores Nano).
- Rénovation (Rafael Rey).
- Solidarité Nationale (Luis Castañeda Lossio).
- Changement Radicale (Jose Barba Caballero).
Lourdes Flores, à la tête de cette coalition cherche à créer un seul front pour les élections de 2001. Unidad Nacional est une coalition de centre-droit.
Mais dés le 1er tour Unidad Nacional se fait éliminer en se retrouvant en 3ieme position derrière Alejandro Toledo et Alan Garcia Perez. Unidad Nacional n’appuiera aucun des candidats au second tour.
L’opposition.
La coalition Unidad Nacional continuera toujours d’exister comme groupe d’opposition pendant le gouvernement Tolédo (l’actuel gouvernement).
Unidad Nacional est la troisième force d ‘opposition du gouvernement Alejandro Toledo avec 17 sièges au parlement sur 120.
Les élections de 2006.
Après avoir occupé la troisième place aux élections de 2001, Lourdes Flores revient pour les élections 2006 comme candidate de sa coalition Unidad Nacional. Elle est actuellement troisième à moins d’un pourcent du second Alan Garcia, malgré être resté en tête des sondages de décembre 2005 à janvier 2006.
Sa campagne.
A partir de février 2006, Flores Nano commence une agressive campagne publicitaire, ayant comme slogan « El Perú en manos firmes » (le Pérou entre de mains fermes).
La coalition Unidad Nacional, contrairement à tous les autres partis, n’inclura pas ses candidats au Congrès dans ses spots publicitaires. En effet, par soucis d’économie, seule Lourdes Flores Nano apparaîtra dans ces spots.
Lourdes Flores insistera beaucoup lors de sa campagne sur le fait qu’elle possède déjà une longue expérience politique. Elle insistera aussi sur son dévouement pour le Pérou. Elle demandera aux péruviens d’avoir confiance en elle non pas en tant que politicienne mais en tant que femme. Et avec l’accession de Michelle Bachelet à la présidence du Chili, Lourdes Flores veut profiter de cet élan pour être la première femme péruvienne à accéder à la maison de Pizarro.
Le plan de gouvernement de Lourdes.
Les réformes.
Lourdes Flores veut un Etat au service du peuple. L’Etat actuelle ne résout pas les problèmes fondamentaux et de ce fait, il est à l’origine d’un gaspillage considérable. Les manques d’infrastructures et les lourdeurs administratives sont de véritables problèmes pour le pays.
Elle veut aussi réformer l’administration judiciaire. Avec un nouveau rôle pour la Cours Suprême, un renforcement des cours supérieurs et de justice de paix afin d’accéléré la durée beaucoup trop longue des jugements. Aussi, elle désire changer certains articles de la constitution péruvienne par référendum.
La santé et l’éducation
La santé.
Le service hospitalier est en péril. Les queues des patients pour se faire soigner sont interminables, le manque de suivi médical est systématique. Lourdes propose alors de repenser complètement le système hospitalier.
En plus de cela, dix millions de péruviens n’ont pas accès aux assurances de santé trop coûteuses, et par conséquent, ne peuvent accéder aux services de santé pour se soigner. Son engagement est qu’à la fin de son gouvernement, 100% de la population péruvienne devra avoir accès aux services de santé grâce aux assurances maladies.
L’éducation
« La nouvelle école péruvienne », doit forger les connaissances et les valeurs de nos enfants et de nos adolescents. L’école doit mieux préparer au travail et doit être au cœur de l’intégration sociale.
Il faut investir pour de nouvelles infrastructures plus modernes. Et dans son organisation, il faut donner plus de pouvoirs aux directeurs d’écoles, mieux former les enseignants, les évaluer et mieux les rémunérer en fonction de leurs mérites et de leurs réalisations.
Politique économique et productive
Pour se développer et créer l’emploie Lourdes Flores veut donner la priorité à trois pôles fondamentaux : l'exportation, l'investissement privé et l’investissement public. Lourdes Flores assume le défi de :
- Doubler le volume des exportations.
- Promouvoir l'investissement requis pour développer les infrastructures.
- Développer les petites et moyennes entreprises qui sont selon elle des leviers fondamentaux à la création d’emploie.
- Et enfin, promouvoir le développement technologique.
Sécurité Interne :
Lourdes Flores promet que sous son gouvernement, il y aura une amélioration substantielle de l'administration et des services de commissariats.
Pour toutes infractions, il y aura une sanction, un jugement et une peine. Lourdes Flores changera l'actuel système légal et particulièrement tout ce qui touche aux sanctions pénales. Il s'agit selon elle : « de récupérer la rigidité de la loi et l'accomplissement inexorable et implacable de ses peines ».
Lourdes Flores et ses embûches.
La droite face à la pauvreté.
- Si Lourdes Flores est perçue comme une candidate honnête elle est aussi perçue comme la candidate des riches (à Lima, qui est aussi la capitale économique on vote pour elle). Et, dans un pays où plus de la moitié des personnes se trouvent en dessous du seuil de pauvreté, la population se tourne plus naturellement vers la gauche qui propose plus de mesures sociales que la droite. Il est donc très difficile à la droite de se faire entendre, de convaincre et c’est d’ailleurs étonnant qu’elle fasse un aussi bon score dans les sondages. Surtout, que l’on reproche à Lourdes Flores en tant que Congressiste de ne jamais s’être battue pour des mesures sociales.
Lourdes et sa campagne.
- Certains analystes la critiqueront pour avoir suivi la même stratégie de campagne (campagne de 2002), d'Álvaro Uribe Vélez (le président actuel de la Colombie). A l’époque son slogan était « Main ferme, grand cœur ». Il est vrai que ce slogan est assez proche de celui de Lourdes Flores « Le Pérou entre de mains fermes ».
- Plus grave, à la fin 2005, c’est un coût dur pour Lourdes Flores et sa coalition « Unidad Nacional ». On révèle que « Cambio Radical » (changement Radical), l’un des partis de la coalition a fraudé en fabriquant de fausses signature. Pour arrêter l’hémorragie, Jose Barba Caballero Congressiste et chef de « Cambio Radical » se retire et retire son parti de « Unidad Nacional ». Imaginez, un Congressiste proche de Lourdes Flores accusé de fraude à la fausse signature, ça fait plutôt mauvais genre.
- Fin 2005 toujours, le 19 décembre plus précisément, Lourdes Flores annonce les noms de ses deux vices présidents. Arturo Woodman comme le 1er vice-président et Luis Enrique Carpio pour le second. Le choix d’Arturo Woodman est très critiqué. Arturo Woodma issue d’une famille anglaise est le directeur de nombreuses entreprises au Pérou notamment du Groupe Romarin, l’un des groupes les plus influent du pays. Dans une affaire liée au Groupe Romarin, Arturo Woodman est actuellement accusé de concurrence déloyale et de fraude fiscale. Et en tant que patron de plusieurs entreprises, il pourrait y avoir un conflit d’interêt.
- On reprochera enfin à Lourdes Flores d’avoir collaboré et de collaborer encore avec les fujimoristes.
Lourdes et les valeurs de la femme.
- Elle se fera aussi attaquer en tant que femme. Célibataire et sans enfant elle ne correspond pas à l'image de la mère de famille modèle et de l’épouse parfaite, qui sont des valeurs très encrées dans la société catholique et conservatrice péruvienne. Les comiques se moqueront d’elle et de ces deux vices président en les appelant le club des célibataires.
Lourdes accusée d’être raciste. (L’accusation qui lui fera sans doute le plus défaut).
- Son Père, César Flores avait critiqué Toledo de « aunquénido de Harvard » (aunquénido est un animal des Andes) lors d’un programme télévisé en 2001. Cette critique gratuite considérée comme raciste a eu un effet dévastateur pour Lourdes Flores. Les péruviens disent même, que c’est à cause de cette phrase que Lourdes Flores aurait perdue les élections à cette époque.
- Comme nous l’avons déjà vu dans le précédemment paragraphe, elle est aussi sévèrement critiquée pour avoir donné aux équatoriens un territoire d’un Km2, don symbolique pour négocier la paix entre les deux pays. On l’appelle là-bas péjorativement « Miss Tiwinza ». On l’accuse d’avoir collaborer avec l’ennemie, d’avoir sacrifié la vie de soldats pour rien, et d’avoir sacrifier cette partie de territoire. Autant vous dire qu’elle est détestée dans cette partie du Pérou et qu’elle n’est pas très aimée des militaires. Là-bas, les gens disent que si Lourdes devenait présidente, elle donnerait Machu Pichhu aux Chiliens.
- Et enfin, lors de ces différents déplacements dans le pays elle n’est pas toujours été bien accueillie. Dans certaines villes, la population l’insulte, lui lance des fruits à la figure et Lourdes Flores se voit parfois obligé d’annuler ses meetings. A Quillabamba, dans la région de Cuzco, elle lance spontanément un bras d’honneur à des jeunes qui l’insultent. Mais, elle ne réalisait malheureusement pas qu’à ce moment là qu’elle était filmée. Ce geste déplacée sera utilisée contre elle en long et en travers pour la discréditer encore plus et la renforcer dans son image raciste face à la population pauvre.
Pour en finir sur Lourdes Flores.
Lourdes Flores à déjà un long passé politique derrière elle, courageuse pour avoir dénoncée le gouvernement de Fujimori elle est sans aucun doute la candidate idéale pour représenter la droite. Mais voilà, avec la majorité de la population en dessous du seuil de pauvreté la droite n’est peut être pas la bien venue. Mais je ne crois pas, car beaucoup de péruviens ne font pas la distinction entre la gauche et la droite. Un pays machistes avec une femme comme présidente ? Ça sera dur certes, mais pas impossible, regardez au Chili. Lourdes se fait pilonner, se fait critiquer sur ses proches choisies dans son gouvernement, sur sa stratégie de campagne, sur un Km2 de terrain donné pour obtenir la paix, sur le fait qu’elle ne soit pas marié et sur un bras d’honneur maladroitement donné alors qu’elle se faisait insulter. Ce sont ce type de petites critiques qui la discrédite complètement pour une partie des péruviens. C’est du sensationnel, presque de la télé réalité « regardez au ralenti ce bras d’honneur ». Nous somme d’accords pour dire que personne n’est parfait ? C’était juste pour vous que l’un des désavantages d’être un politicien (ou une politicienne) c’est que vos adversaires mettent tout en œuvre pour révéler aux plus grands nombres vos erreurs et vos imperfections. Et certain on l’art de les dénicher, de les transformer à leurs avantages et de les communiquer. En mettant de coté votre penchant politique, si vous étiez péruvien voteriez vous pour un ex-militaire accusé de torture et n’ayant pas de passé politique et de programme politique, ou voteriez vous pour un homme qui a été à la tête du gouvernement responsable de la plus grave catastrophe économique du pays, ou enfin voteriez vous pour une femme, ayant un passé politique courageux et presque sans incident mais qui est célibataire et qui a fait un doigt d’honneur parce qu’elle se faisait insulter ? On n’est très loin du débat politique et le choix à faire, n’est rien d’autre une question de bon sens ; mais ça, ce n’est rien d’autre que mon avis personnel.
Jérôme DENNI