1 intro. : Alberto Fujimori. (1938-)
Homme d’Etat péruvien, président de la République du Pérou de 1990 à 2000.
Alberto Fujimori est né à Lima, de parents japonais. Inconnu du milieu politique, il est persuadé de sa destinée présidentielle et lance le mouvement politique « Changement 90 » (C90) dans la perspective de l’élection présidentielle de 1990.
2 Premier mandat présidentiel (1990 1995).
Au premier tour Fujimori crée la surprise en recueillant 29% des suffrages. Il se place alors en seconde position derrière le romancier Mario Vargas Llosa qui obtient 34% des suffrages.
21 Les Candidats
Pour les deux candidats, les mêmes objectifs ; sortir le Pérou :
- de la crise économique.
- du terrorisme (le « Sentier lumineux », et le mouvement révolutionnaire « Túpac Amaru »)
Ce qui oppose les deux hommes c’est la classe sociale de la population :
Alberto Fujimori s’adresse particulièrement aux populations rurales, indiennes et métisses, aux qu’aux couches sociales les plus pauvres.
Tandis que Mario Vargas Llosa en raison des relations qu’il entretient avec l’élite fortunée du pays a du mal à toucher cette population qui représente l’électorat majoritaire du Pérou.
Alberto Fujimori « El Chino », surnommé ainsi en raison de ses origines japonaises remporte l’élection présidentielle au second tour avec 60% des suffrages.
Il établit des relations avec le Japon dans l’espoir de recevoir une aide financière. Aussi, dans l’espoir d’obtenir un prêt il adoucit nettement sa position avec le FMI (Fonds Monétaire International) auquel il était fermement opposé lors de sa campagne.
22 La démocratie en danger ?
Pour lutter contre le « Sentier lumineux » et les trafiquants de drogue Fujimori prend la décision de :
- dissoudre le parlement (05 avril 1992).
- censurer la presse.
- suspendre la Constitution de 1979.
- emprisonner certains adversaires politiques.
Deux conséquences à ces mesures :
- Septembre 1992, le chef du « Sentier lumineux », Abimaël Guzman est jugé puis condamné à la prison à perpétuité.
- Le 13 novembre 1992 Le général Jaime Salinas tente un coup d’Etat pour restaurer la démocratie qui est déjoué par Alberto Fujimori.
3 Deuxième mandat présidentiel (1995 2000).
31 La constitution.
Une nouvelle constitution est votée le 22 novembre 1992. Cette nouvelle constitution autorise le président sortant à effectuer un second mandat consécutif.
Alberto Fujimori se représente donc devant Javier Perez de Cuéllar l’ancien secrétaire général de l’ONU (Organisation des Nations unies) de 1982 à 1991.
Fujimori est réélu dès le premier tour de l’élection du 9 avril 1995, avec 64,42 % des suffrages.
32 Sa politique économique néolibérale.
Le programme d’austérité mis en œuvre à partir de 1990 avec l’appui du FMI et de la Banque mondiale permet une réduction spectaculaire du taux d’inflation.
Mais d’un autre coté le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ne cesse d’augmenter, passant de 7 à 12 millions.
En dépit de la Constitution, Alberto Fujimori exprime sa volonté de se représenter pour un troisième mandat à l’élection présidentielle de 2000. L’opposition réclame en vain un référendum visant à empêcher sa candidature.
Alberto Fujimori
4 Troisième mandat présidentiel et sa destitution (2000).
Au mois de mai 2000, Alberto Fujimori est élu pour un troisième mandat, son adversaire Alejandro Toledo ayant refusé de participer au second tour de scrutin. Cette élection fut l’objet de contestations au Pérou même, mais aussi à l’étranger.
En novembre 2000, sur fond de scandale politico-financier, Alberto Fujimori se réfugie au Japon à l’occasion d'un voyage officiel et annonce sa démission.
Le Congrès péruvien refuse sa démission et prononce sa déchéance politique pour « incapacité morale permanente » (62 voix pour, 09 voix contre et 09 abstentions). Cette décision prive l’ancien président de ses droits civiques jusqu’en 2011, ce qui lui interdit "normalement" de se présenter à de prochaines élections.
Alejandro Toledo
5 Fujimori et la corruption.
La justice péruvienne a ouvert contre Alberto Fujimori 22 procès pour corruption et crimes contre l'humanité qu'il aurait commis pendant ses dix années de présidence (1990-2000).
Alberto Fujimori est aussi accusé :
- de tortures, de mauvais traitements, d’avoir fait disparaître des personnes, d’exécutions extrajudiciaires.
- d'être le coauteur intellectuel de 25 assassinats perpétrés lors de deux tueries successives, en 1991 et 1992 à Lima, par le Grupo Colina, un escadron de la mort composé de 35 militaires protégés par le pouvoir politique en place.
- « El Chino » a été considéré par les Nations unies comme l'un des dix dirigeants les plus corrompus de la planète.
- Aujourd’hui exilé au Japon, pays sévèrement critiqué pour avoir refusé à deux reprises d'extrader Fujimori. La raison invoquée est que Fujimori a aussi la nationalité Japonaise. Selon le procureur : « Fujimori se réfugie dans la nationalité japonaise pour échapper à la justice, mais se déclare Péruvien pour être candidat à la présidence ».
- Amnesty International déclare « Le gouvernement japonais ne peut pas - et ne doit pas - se dérober : il est tenu de coopérer en vue de traduire en justice l’ancien président du Pérou, Alberto Fujimori, réfugié au Japon et inculpé au Pérou d’atteintes aux droits humains ».
- L’organisation de défense des droits humains déclare que « Les violations généralisées et systématiques des droits fondamentaux perpétrées au Pérou sous la présidence d’Alberto Fujimori constituent des crimes contre l’humanité. Tous les États ont la capacité et la responsabilité d’exercer leur compétence universelle. Tous sont tenus de poursuivre en justice et de condamner toute personne responsable de tels crimes, et de coopérer en vue de sa localisation, de son arrestation et de sa condamnation ».
- Amnesty International souligne « En aidant à garantir qu’Alberto Fujimori soit déféré à la justice, le Japon contribuera à rompre le cycle de l’impunité qui tourne en dérision la vérité et la justice. Dans le cas contraire, cela ne peut que déboucher sur de nouvelles violations des droits humains, en faisant savoir aux responsables qu’ils ne sont pas tenus de rendre compte de leurs actes »
6 Un quatrième mandat présidentiel ?
Rien n’est impossible au Pérou. Si Alberto Fujimori est vu de l’extérieur (notamment dans le monde occidental) comme un dictateur et un criminel, si l’ex président a fuit le Pérou pour se réfugier au Japon afin d’échapper à la justice, « El Chino » compte bien se représenter à la présidentielle et gagner les élections et cela, malgré toutes les charges qu’il a contre lui.
61 La déroute d’ Alejandro Toledo face à Alberto Fujimori.
Alejandro Toledo, président actuel du Pérou est le successeur direct de Fujimori. Le taux d’approbation d’Alejandro Toledo tourne autour de 07% et 09%. Il est sûrement le président le plus impopulaire d’Amérique Latine. Toledo au Pérou est synonyme de passivité, de fraudes, de corruption et de magouilles en tout genre.
Quant à Alberto Fujimori, il obtient 20% des intentions de vote (sondage national réalisé par la société Datum milieu septembre 2005). Il est à égalité avec l’une des favorites Lourdes Flores candidate des conservateurs de l'Unidad Nacional (Unité nationale).
Lourdes Flores









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